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Petite histoire de la pharmacie

10/02/2017
Petite histoire de la pharmacie

Publié le 2 juillet 2011 par Roger Maurin

Petite histoire de la pharmacie à Saint-Paulien.

Avant guerre, la pharmacie était implantée à l’hospice, elle était tenue par des religieuses. On peut voir sur une photo l’inscription en majuscules « PHARMACIE » sur la façade Est de l’hospice donnant sur la grand-rue. En fait, l’entrée de la pharmacie était située sur la façade opposée, dans l’actuelle rue de la Motte féodale. On accédait par un escalier de cinq marches à un perron. La porte franchie, une religieuse vous accueillait pour vous délivrer des remèdes de base ou des préparations à venir prendre un peu plus tard.

Pharmacie à l'hospice (photo précédente)

Un ancien hospice, dont l’existence est révélée par de vieux documents, était tombé en ruines. Réédifié en 1732, il était tenu par deux filles dévotes et administré par un chanoine ; le bureau se composait de deux curés de la ville et du juge royal. Mais on ignore à quelle date une pharmacie fut implantée dans cet établissement. En 1937, le 25 mars, une convention est passée entre Claude Bonnefoux, maire et président du conseil d’administration de l’hospice, et Henri Chossegros, pharmacien honoraire. La direction de la pharmacie de l’hospice de Saint-Paulien est confiée à M. Chossegros moyennant le versement d’une somme annuelle de cinq mille francs qui sera à la charge de l’hospice. Les frais de déplacement et d’hébergement éventuel seront également à sa charge. Enfin, une assurance est contractée par le conseil d’administration pour couvrir la responsabilité civile du pharmacien et de la personne qui le remplace en son absence.

C’est pendant la guerre de 39-45 que Léon Serre s’installe dans la grand-rue. La pharmacie de l’hospice vit ses derniers jours car, le 10 novembre 1943, Léon Serre acquiert l’ensemble du matériel, des marchandises pharmaceutiques et des accessoires de toutes sortes de la pharmacie de l’hospice pour la somme de 49 370 francs. L’acte signé par devant Maître Mathieu Gibert entre Augustin Chabanet, maire, agissant en qualité de président de la commission des hospices, et Léon Serre, pharmacien, dresse une liste exhaustive du contenu de la pharmacie de l’hospice. On y trouve dans le désordre de la caféine, de l’alcool, de l’huile camphrée, du gardénal, du laudanum, du chloroforme, du camphre, de l’éther, du nitrate d’argent, de la strychnine, du cyanure, de la digitaline, et bien sûr de l’aspirine. Cette liste de 185 articles est susceptible d’intéresser un pharmacien souhaitant enquêter sur les médications pratiquées avant guerre.

Pharmacie Serre

Léon Serre est donc le premier pharmacien diplômé qui s’installe à Saint-Paulien. Il loue une maison dans la grand-rue à l’actuel n° 5 de l’avenue Ruessium. Il adhère au petit groupe de résistants qui s’est formé dans la commune ; son nom figure en deuxième position sur la liste du comité local de libération créé en 1944. Une anecdote le concernant nous a été rapportée. Lors du retrait des troupes allemandes, les convois ennemis furent attaqués à plusieurs reprises et notamment le 18 août à Bleu où deux camions furent abandonnés par les troupes d’occupation. Le 20 août, les membres de la Résistance locale conduits par Albert Trescartes se rendirent sur place et découvrirent une quantité importante d’alcool abandonnée par les Allemands. Ils s’en emparèrent et Léon Serre y ajouta quelques doses d’anis. Cette « prise de guerre » fut ensuite consommée jusqu’à épuisement au café Gibert situé en face de la pharmacie.

André Caro puis René Lomberty succèdent à Léon Serre. En fait, c’est Madame Lomberty qui est pharmacien et non pas son époux. C’est à cette époque que Jean Villevieille entre comme apprenti préparateur à la pharmacie. Il a 14 ans, il vient de passer avec brio son certificat d’études et en octobre 1951, il fait ses premiers pas de jeune potard, un métier qu’il exercera  44 ans avec trois pharmaciens différents.

Pharmacie Philip

En août 1955, Mademoiselle Alice Philip achète la pharmacie au couple Lomberty qui part s’installer à Montargis. On raconte que Mademoiselle Philip rentre de Dien Bien Phu. Ce n’est pas tout à fait exact. Elle revient d’Indochine. Elle exerçait avec le grade de capitaine à l’hôpital médecin-général Roques situé à Go Vap dans la banlieue de Saïgon. Elle a vu arriver de nombreux soldats blessés ou malades en provenance de Dien Bien Phu. Elle se souvient du dévouement des médecins et chirurgiens militaires qui soignaient tous leurs patients sans faire aucune différence entre eux, quelle que soit la couleur de leur peau.

En 1975, Mademoiselle Philip installe sa pharmacie dans un immeuble neuf qu’elle a fait construire à l’emplacement du restaurant où officiait, au début du siècle dernier, Céline Passemard, une cuisinière renommée dans tout l’arrondissement. Mademoiselle Philip exercera 32 ans alors que les trois confrères qui l’ont précédée ne sont restés en tout que 12 ans. Le premier janvier 1988, elle cessera son activité et vendra son établissement à Monsieur et Madame Vincent.

Laissons maintenant l’actualité reprendre ses droits.

Roger Maurin