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Charles Daurier

10/02/2017
Charles Daurier

Publié le 8 octobre 2011 par Roger Maurin

Le baron Charles Daurier, lieutenant-général des armées du Roicommandant de la Légion d’Honneur, chevalier de Saint-Louis, membre de la Société de Cincinnatus des Etats-Unis d’Amérique, naquit à Saint-Paulien, le 29 juin 1761. En 1777, il entra comme simple soldat dans le 18e régiment d’infanterie, avec lequel il fit les campagnes d’Amérique de 1777 à 1785 ; il fut dangereusement blessé au combat naval du 9 avril 1782.
A son retour en France il n’était encore que sergent, mais il continua de suivre la carrière des armes, et l’émigration ayant laissé vacantes presque toutes les places d’officier, il fut fait sous-lieutenant en 1791, lieutenant, capitaine et aide de camp du général Tourville en 1792, et chef de bataillon, aide de camp du général en chef Jourdan en 1793. Il fut employé comme adjudant-général à l’armée de Sambre-et-Meuse , et contribua, le 16 juillet 1794, à la prise des postes de Marchiennes, Monceau et Souvret. Le 19 floréal an 11, Daurier fut nommé général de brigade ; à peine eut-il obtenu ce grade, qu’il enleva deux redoutes aux Autrichiens devant Maubeuge, et força l’ennemi à rentrer dans son camp.
la bataille de Fleurus, il commandait une division de l’aile gauche sous les ordres de Kléber, et résista vigoureusement aux Autrichiens, deux fois supérieurs en nombre; par son opiniâtreté et sa vaillance, il contribua puissamment au succès de cette mémorable journée. Ce fut encore sous les ordres de Kléber qu’il fit le siège de Maastricht. Cette ville ayant été prise, le commandement de la place de Cologne fut confié au général Daurier.
Au mois de prairial an III, il fut nommé commandant d’une brigade de la division du général Bernadotte, avec laquelle il passa le Rhin.
Lors de la retraite de Mayence, le 21 vendémiaire an IV, il chargea un régiment de hussards autrichiens, qu’il mit en fuite. Le mois suivant il passa sous les ordres du général Moreau, qui lui confia le commandement d’un corps de troupes avec lequel il entra au pas de charge dans Creutznach, et enleva trois villages à la baïonnette. Dans cette affaire, le général Daurier se vit entouré par les Autrichiens; mais il se dégagea à coups de sabre, secondé par quelques hussards du 4e régiment, et se remit aussitôt à la tête de ses bataillons.
Ayant été chargé par le général Ligneville de commander le centre du corps d’armée qui occupait Hunds-Ruck, il força le passage de la Nahe à Langenlonsheim, le 4 brumaire an V, et après avoir donné les plus grandes preuves de courage, il força l’ennemi à rentrer dans Mayence. Le général Daurier prit ensuite le commandement de l’importante place de Luxembourg. En l’an VII et en l’an VIII il passa à l’armée du Rhin, où le général en chef Moreau lui confia le commandement de la forteresse d’Ehrenbreitstein.
Après avoir commandé pendant quelque temps les départements du Rhin et de la Moselle, il passa en Italie, gouverna la marche de Trévise, d’où il se rendit à Venise et prit le commandement de cette place, qui fut mise en état de siège en 1809 et 1813, et qu’il ne remit aux Autrichiens qu’après l’abdication de Napoléon.
Une ordonnance royale du 4 septembre 1815 le mit à la retraite, et il mourut à Nancy le 29 mai 1833.

Le conseil municipal de Saint-Paulien a inauguré son portrait dans une salle de la mairie, et cet honneur était bien dû au général qui, bien qu’éloigné de son pays depuis sa jeunesse, n’avait jamais cessé de l’aimer, et d’adresser à sa famille, moins favorisée que lui de la fortune, d’utiles témoignages de son affection.
Ce portrait du baron Daurier, peint à Nancy, a été inauguré à l’Hôtel-de-Ville de Saint-Paulien en septembre 1834, pendant l’administration de M. Armand, maire.

Source : Annales de la société d’agriculture du Puy Tome XV -1er semestre 1850.