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L’orgue de l’église a retrouvé un nouveau souffle

28/02/2017
L’orgue de l’église a retrouvé un nouveau souffle

Les murs de l’église Saint-Georges peuvent à nouveau vibrer au rythme des notes de son orgue : celui-ci vient d’être réinstallé à son emplacement au-dessus du porche de l’entrée Ouest après avoir été entièrement restauré. Ce jeudi 26 mai, une réception était organisée par les élus municipaux autour du maire Laurent Duplomb, en présence du Père Daniel Savelon, du sénateur honoraire Jean Boyer, de la conseillère départementale Marie-Pierre Vincent et des acteurs de la restauration de l’orgue. Dans son propos, Laurent Duplomb rappelait toute la procédure administrative qui avait débuté par une réflexion en 2003 pour un aboutissement en 2014 après l’accord de la DRAC qui a contribué à une partie du financement (32 150 € pour la restauration et 3 304 € pour les études). Le maire remerciait les autres financeurs, le conseil départemental (1 983 € 19 291 €), le conseil régional d’Auvergne (6 430,30 661 €) et la subvention de 5 000 € octroyée au titre de la réserve parlementaire du sénateur Jean Boyer pour la restauration du buffet. Le maître d’œuvre Michel Colin, technicien conseil agréé pour les orgues historiques décrivait l’instrument datant probablement du 19ème siècle (entre 1840 et 1860), argumentant les diverses phases des études qui ont abouti au lancement de l’appel d’offres. Le facteur d’orgues Alain Faye, retenu pour la réalisation des travaux a présenté le résultat de son travail avec une passion soulignée par tous les instigateurs du projet dont a beaucoup contribué l’adjoint à la culture Roger Maurin. Cette réception s’est conclue en écoutant le son divulgué par l’orgue maîtrisé tout d’abord par Michel Colin et ensuite par les deux organistes Claire Coletta et Sylvain Lanthéaume qui animeront quelques messes dominicales.

Coût total des travaux H.T. :
Partie phonique orgue : 95 565,65 €
Restauration Buffet en bois : 21 112,20 €
Soit un total de 116 677,85 € dont 11 601.35 € d’honoraires d’études (environ 70 000 € de subventions)

En quoi consiste la restauration d’un orgue qui est un instrument à vent.

Ce fut l’occasion pour le professionnel de détailler les étapes du chantier. Cet orgue fonctionne avec du vent produit par un ventilateur électrique et emmagasiné dans un soufflet qui sert de réserve et qui collabore à donner la bonne pression. Le vent passe dans le sommier qui contient des soupapes actionnées par le clavier et distribuant le vent à chaque note. Les boutons situés en façades sont les aiguillages du vent dans chaque jeu de tuyaux (54 pièces par jeu). Après la dépose et le dépoussiérage minutieux des 478 pièces soit en tuyaux métal (alliance d’étain et de plomb), soit en bois (144 pièces appelées aussi bourdons), le démontage de toutes les touches des claviers et du pédalier, la réparation ou le remplacement des pièces usées, il a été nécessaire de procéder à la réfection du buffet constituant le support de la partie phonique. Cinq semaines ont été nécessaire pour le remontage sur place de tout l’ensemble. Ensuite la phase d’accord et d’harmonisation, donc de l’équilibre acoustique a été une étape qui demande plusieurs journées de travail et comme pour les autres jeux, l’accord se fait uniquement à l’oreille. Accorder chaque tuyau, c’est quasiment un rôle de chef d’orchestre.

 « On commence par remonter le grand jeu, puis on accorde le prestant, base de l’accord de tout l’instrument. C’est le jeu de référence, tout l’équilibre acoustique dépend de lui, il joue le rôle du diapason », commente Alain Faye Et pour les mélomanes, il précise qu’ici, le La du diapason est à 435 Herz à 15° ». Pour les néophytes, plus simplement, « c’est la hauteur du son par rapport à la température. Plus il fait chaud, plus le son est aigu, l’air devient plus dense, les vibrations se transmettent plus vite. La vitesse du son dépend de la densité de l’air ». Cette étape demande plusieurs journées de travail et comme pour les autres jeux, l’accord se fait uniquement à l’oreille. Chaque tuyau est accordé, c’est quasiment un rôle de chef d’orchestre.


Michel Colin au clavier

Difficile? « Apprenti, je tenais le clavier à ceux qui accordaient. Maintenant, ça devient automatique! C’est une question d’expérience. En accordant, je peux penser à autre chose, comme à mes prochaines vacances! » et d’ajouter, modeste,  » tout le monde peut entendre si un tuyau chante faux! ». L’outil utilisé est l’accordoir, en métal, de forme conique d’un côté, en entonnoir de l’autre. Il permet d’évaser ou de fermer très légèrement les tuyaux. « Ceux-ci sont en étain, un métal très mou. On travaille uniquement sur la longueur des tuyaux, plus un tuyau est long, plus le son est grave. »

L’harmonie, elle, est affaire de construction, de disposition et d’enchaînement des sons. « Comme dans une chorale ou un orchestre, le timbre doit être correct, il faut que l’ensemble des tuyaux sonnent proprement. Je joue un peu le rôle du dirigeant ou du chef d’orchestre. » Ce travail d’accord et d’harmonie aura tout de même duré un mois, monopolisant 2 personnes.

 Et le facteur d’orgue prévient: « Nous, on entend tout! Si quelqu’un touche à quelque chose dans l’orgue, je m’en rendrai compte! ».

Texte et photos : Rolland Pouzols